05.11.2005
Clichy-Sous-Bois
Près de 900 véhicules incendiés dans toute la France, des écoles et bâtiments publics attaqués, quelque 250 interpellations: le bilan des violences dans les quartiers sensibles s'est encore alourdi samedi après une neuvième nuit d'émeutes qui gagnent désormais la province.
Pour évaluer la situation, une réunion à Matignon autour du Premier ministre Dominique de Villepin a débuté à la mi-journée avec huit ministres, parmi lesquels Nicolas Sarkozy (Intérieur), Jean-Louis Borloo (emploi), Thierry Breton (finances), Gilles de Robien (éducation), Pascal Clément (justice), Azouz Begag (égalité des chances).
En Ile-de-France, le nombre de véhicules (voitures, bus, camions, deux-roues à moteur...) incendiés a encore progressé par rapport à la veille : plus de 656 contre 519.
Le phénomène est en régression dans les départements les plus touchés jusqu'à présent, diminution notable en Seine-Saint-Denis (132 contre 205), plus modeste dans le Val-d'Oise (85 contre 96).
En revanche, le bilan s'est alourdi dans des endroits jusqu'alors plus épargnés : Val-d'Oise (120 contre 105), Essonne (115 contre 54), Hauts-de-Seine (plus de 100 contre 41), Val-de-Marne (74 contre 21).
A Paris, le bilan reste relativement anecdotique (13 véhicules détruits contre 7) mais un cocktail Molotov a été tiré contre un commissariat, place des Fêtes, dans le XIXe arrondissement, a constaté un photographe de l'AFP.
Phénomène apparu timidement la veille, la contagion gagne la province : 241 véhicules y ont été brûlés, soit plus du quart du chiffre national, contre 77 la nuit précédente.
Les départements les plus touchés sont le Nord avec 51 véhicules brûlés dont 48 pour Lille, Roubaix, Tourcoing, Wattrelos, le Bas-Rhin, le Loiret et un autre, l'Ille-et-Vilaine, peu habitué aux violences urbaines.
Dans l'ouest de la France, 39 véhicules ont été incendiés, dont 18 à Rennes, et 8 à Orléans. L'incident le plus grave s'est déroulé à Cléon en Seine-Maritime, où des inconnus ont lancé des bouteilles incendiaires à l'intérieur d'un bus. La conductrice et les passagers ont heureusement pu descendre avant que le bus ne s'embrase.
Le bilan des interpellations a lui fortement augmenté : 253 fauteurs de troubles présumés ont été interpellés (dont 233 en Ile-de-France), contre 78 la veille. 
Nicolas Sarkozy, lors d'une visite nocturne à la direction départementale de la sécurité publique (DDSP) à Viroflay, a demandé à ses hommes des "interpellations" et du "renseignement" pour comprendre l'organisation des émeutiers.
"Les interpellations, c'est la clé", a-t-il insisté.
Parmi les faits les plus marquants en Ile-de-France ont été relevés en Seine-Saint-Denis l'incendie et le vol de matériel informatique au tribunal d'instance, l'incendie d'un entrepôt textile (Aubervilliers), et d'une concession automobile (Montreuil).
Dans l'Essonne, un policier a été blessé près de la cité des Tarterêts tandis que la mairie de Saint-Michel-sur-Orge était en partie ravagée par un incendie.
Les émeutiers s'en sont pris à plusieurs classes ou écoles. Ainsi une école maternelle et primaire a été détruite en partie à Brétigny-sur-Orge (Essonne). De même, une classe de collège dans le Val-de-Marne, deux classes d'une école maternelle à Achères, dans les Yvelines et un espace culturel attenant au collège Jean-Monet de Torcy (Seine-et-Marne). A Evry, dans l'Essonne, un début d'incendie a été signalé au groupe scolaire Bonaparte.
Je ne sais pas où nous allons mais il me semble que ça fait bien longtemps que n'avons connu ça en France ... nous rentrons en plus dans un cercle vicieux d'où nous aurons du mal à sortir ...
20:50 Publié dans News | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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